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Apports et critiques de la théorie de Kohlberg
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Kohlberg
Dossier International - Belgique
Cathy
Legros poursuit dans ce numéro l'explication des recherches pédagogiques qui
nourrissent le cours de morale non confessionnelle de la communauté francophone
belge, qui se déroule tout au long de la scolarité.
Nous nous sommes beaucoup inspirés des
travaux de Kohlberg, disciple de
Piaget, sur le développement moral cognitif. (1)
En voici succintement les éléments de
base.
1) Kohlberg
identifie et hiérarchise, de l'hétéronomie à l'autonomie, six stades de développement
moral, à partir d'une typologie ou forme des motifs et arguments invoqués pour
justifier une attitude, et non de leur contenu de valeur. Six stades
correspondent aux six étapes de maturation morale.
- 1: morale préconventionnelle basée
sur la peur des punitions et le respect aveugle à l'obéissance. "Obéir
pour éviter les punitions".
- 2: moralité préconventionnelle orientée
vers le relativisme instrumental (augmentation de bien-être et de commodité).
"Faire
valoir ses intérêts égocentriques".
- 3: moralité conventionnelle orientée
vers l'accord avec les autres ou le souci des autres. "Satisfaire aux
attentes du milieu".
- 4: moralité conventionnelle orientée
vers le respect de la loi et de l'ordre. "Répondre aux règles
sociales".
- 5: moralité postconventionnelle orientée
vers un contrat social et le bien-être de la communauté en terme de respect
des droits d'autrui et de recherche d'un consensus. "Rechercher le plus
grand bien du plus grand nombre".
- 6: moralité postconventionnelle orientée
vers un principe éthique universel. Ce qui est juste est défini par décision
de la conscience en accord avec des principe éthiques universels, que
l'individu reconnaît et et vit comme des exigences intérieures. "Se référer
à un principe éthique universel".
2) Tous les individus franchissent nécessairement
ces étapes dans l'ordre indiqué. Les enfants sont aux stades préconventionnels
1 et 2, les adultes aux stades conventionnels 3 et 4; vingt à vingt-cinq pour
cent d'entre eux parviennent aux stades postconventionnels 5 et 6.
3) L'adolescence entre onze et seize ans
étant une période de développement moral accéléré, nous pouvons par des
procédures éducatives faire évoluer le jugement moral.
4) Pour cela, il s'agit de créer des
"dissonances cognitives", en confrontant les personnes à des
arguments qu'elles peuvent entendre, relevant d'un stade au-dessus du leur. Kohlberg
introduit ici la notion de "conflit cognitif", propice à une réorganisation
interne. Des expériences prouvent qu'après douze semaines de discussion, deux
fois par semaine, avec des adolescents, il y a progrès d'un stade.
5) L'outil privilégié pour provoquer ce
"conflit cognitif" est le "dilemme moral", car il crée un
conflit intérieur entre deux branches d'une alternative et sert de point de départ
à une discussion entre pairs et avec l'animateur, qui permettra d'introduire
des arguments d'un ou deux stades supérieurs.
QUELS DISPOSITIFS?
A partir de ces éléments, nous avons
dissocié trois types de dispositifs. 1) Des jeux, exercices et stratégies pour
développer la capacité à identifier et classer les jugements moraux selon le
stade auquel ils appartiennent ou pour construire une hiérarchie de principes,
de valeurs ou de droits qui peuvent servir de références dans un contexte
concret. 2) L'exploitation de dilemmes moraux comme "instruments pédagogiques"
imposant le choix entre deux branches inconciliables d'une alternative posée
dans une situation vécue pour développer la capacité à établir un ordre de
priorité entre ses valeurs personnelles. Le débat doit se réduire à la
question morale non de ce que le personnage pourrait faire (dépendant de ceci
ou de cela) mais de ce qu'il devrait faire, ce qui est le propre d'une
discussion morale. La situation morale met en présence des valeurs, des normes,
des principes qui sont en conflit. Par exemple, des situations qui proposent un
choix entre
le souci de l'autre et celui de ses intérêts
propres (rétablir ou non la vérité si quelqu'un est accusé à notre place),
entre la loi et la loyauté envers un ami (divulger ou non des actes frauduleux
commis par celui-ci), ou entre la loi et la vie (voler des médicaments pour
sauver la vie d'un être cher). La discussion collective d'un dilemme moral
permet de mettre à jour d'autres types de raisonnements et angles d'approches
que l'élève seul n'avait pas entrevus comme pouvant être siens, et lui permet
de mûrir son choix avec plus de lucidité et de sens éthique, voire d'évoluer,
selon le pari optimiste de Kohlberg,
vers un stade supérieur ou une valeur plus universelle.
Dans la mesure où le dilemme moral est
au cœur même de notre vie, il cristallise l'activité morale et constitue un
puissant outil de formation.
Avant de détailler ces différents
dispositifs, insistons sur le fait que se trouve ainsi introduite l'injonction
de hiérarchiser des jugements moraux ou des valeurs.
Pour induire ce travail, chaque type
d'outil mentionné met en œuvre:
- soit un critère explicite de
classement des jugements - entre un stade préconventionnel qui ne tient pas
compte d'autrui, un stade conventionnel qui se soumet au point de vue d'autrui
(générosité, sollicitude, conformité à la société via le respect de la
loi et de l'ordre), et un stage postconventionnel qui intégre et concilie le
point de vue de la conscience personnelle et le point de vue de l'universalité
des hommes;
- soit un dispositif de discussion
collective qui suscite la décentration et stimule le changement vers le choix
du "meilleur argument" exprimé. Il s'agit d'une étape importante
dans notre recherche car elle permet de dépasser l'individualisme et le
pluralisme relativiste résultant de l'acceptation inconditionnelle de toutes
les valeurs d'engagement personnel que risquerait d'induire un travail limité
à la seule méthode de la "Clarification des valeurs". Celle-ci, en
effet, ne véhicule comme critères d'évaluation morale que des conditions
formelles (authenticité de l'adhésion, motivations réfléchies et argumentées,
cohérence entre les valeurs choisies et les actes posés), qui, si elles sont
respectées, suffisent à valider le choix personnel. Elle ne tient pas compte
de la
dimension publique et politique de
l'existence individuelle qui requiert la référence à des critères éthiques
fondés et valables pour tous les hommes, ou à des modalités d'accord dans la
communauté basées sur l'équité, qui sont constitutifs d'une éducation à la
citoyenneté. C'est la raison pour laquelle nous avons toujours d'emblée
inscrit les exercices de la "Clarification des valeurs" ou le
traitement des dilemmes moraux dans des dispositifs de communication et d'échange
régis par l'écoute et le respect mutuel, partant du présupposé optimiste -
théoriquement et
expérimentalement prouvé par Kohlberg
- , que c'est l'argument le plus juste qui spontanémment emporte l'adhésion.
Dans ce cas, c'est la discussion comme telle dans le groupe des pairs qui
devient formative. 3) Le souci de susciter une évolution du jugement moral plus
assurée nous a poussés à concevoir un dispositif plus structuré, inspiré à
la fois de Kohlberg, et de l'éthique
de la discussion chez Habermas, qui met les jugements de valeur émis par les
participants à l'épreuve de leur possibilité d'être "universalisables",
c'est-à-dire valables pour tous les hommes concernés. Les stades 5 et 6 de Kohlberg
deviennent ainsi indissociables: ils sont interactivement utilisés dans une
dynamique constructiviste qui, de plus, empêche une transcription purement
formelle de la référence à l'universalité permettant de légitimer des
"slogans" sectaires, racistes, ségrégationistes... Il s'agit d'évaluer
effectivement, expérientiellement dans la discussion collective, la validité
pour la communauté des hommes concernés des principes évoqués.
QUELQUES OUTILS
1) Jeux, exercices et stratégies pour
intégrer les stades de Kohlberg
- Le "Jeu Debunne", du nom de
son concepteur, didacticien québécois: des cartes de couleurs différentes
stipulent chacune des décisions morales concrètes, précises et argumentées
qu'il s'agit par groupe de quatre à cinq élèves de classer, de celles qui
manifestent le plus d'hétéronomie à celles qui manifestent le plus
d'autonomie, puis par stade précis.
- Variante: mettre des élèves par
groupe en situation de choisir un dilemme réaliste qu'ils pourraient connaître,
et leur demander d'élaborer pour chaque stade une décision motivée. Exemple.
Des racketteurs
ordonnent à Laurent de voler dans une
grande surface. S'il ne s'exécute pas, il est menacé d'être tabassé et de
subir des représailles. Que doit faire Laurent: s'exécuter ou non?
a) Laurent s'exécute pour échapper à
la sanction promise.
b) Laurent ne s'exécute pas, en parle au
directeur pour que celui-ci l'en félicite.
c) Laurent ne s'exécute pas, en parle à
ses parents pour conserver sa bonne réputation auprès de ses camarades d'école.
d) Laurent ne s'exécute pas parce que la
loi interdit le vol.
e) Laurent refuse de s'éxécuter au nom
du droit à la propriété
privée.
f) Laurent s'exécute au nom du droit à
l'intégrité physique.
- Programme de sensibilisation à
l'exercice de la démocratie à l'école (2).
Nous avons mis en œuvre un programme
d'exercices qui utilisent la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
(stade 6 de Kohlberg), le Convention
européenne des droits de l'Homme et de l'enfant (stade 5 de Kohlberg),
le droit scolaire et la jurisprudence (stade 4 de Kohlberg)
pour élaborer une "Charte des droits et des devoirs à l'école".
2) Exploitation pédagogique des dilemmes
moraux.
Nous avons beaucoup travaillé et
diversifié l'exploitation des dilemmes moraux. Nous avons réalisé une
cassette de neuf dilemmes moraux d'une durée de dix minutes chacune accompagnée
d'un livret d'exploitation. Une enseignante a établi le synopsis de ces
dilemmes à partir de situations vécues par ses élèves, dont voici un
exemple. Dans Aicha et les skins, l'adolescence maghrébine, lorsqu'elle s'aperçoit
que l'ami dont elle est amoureuse complote avec sa bande de skins une agression
armée contre un centre culturel qui rassemble de jeunes immigrés, doit-elle
les dénoncer à la police alors qu'elle est menacée de représailles sévères
et d'abandon par son compagnon? Quelles valeurs doit-elle privilégier? Le souci
de soi (sa sécurité personnelle, ses sentiments amoureux, son intégrité
physique ...), le souci des autres (la solidarité avec son groupe social, avec
tout être humain menacé, ...), le respect de la loi (obligation de porter aide
à personnes en danger), le respect des principes moraux supérieurs (le droit
à la vie et à la sécurité pour tous, la non-violence, ...). Que devrait-elle
faire? La séquence se termine par cette question.
Le travail sur les dilemmes se fait par
la "Clarification des valeurs", méthode initiée par Jean-Marie
Debunne. Les élèves sont amenés à répondre d'abord seuls et par écrit à
la question (première étape) en motivant et argumentant leur choix (deuxième
étape) et en dégageant la valeur qui sous-tend la justification invoquée
(troisième étape). Puis chaque élève fait part de sa position dans le grand
groupe. L'écoute active et l'échange entre pairs des réponses différentes amènent
les élèves à nuancer et complexifier leur choix, à l'envisager sous d'autres
angles de vue. voire à le modifier.
Nous nous sommes également inspirés de
deux ouvrages québécois publiés par les Editions du Renouveau pédagogique Ethique
et Politique (3) et Les conceptions de
l'être humain. Théories et problématiques
(4), manuels didactiques qui utilisent les dilemmes moraux comme éléments névralgiques
d'une clarification mettant les choix de valeurs dégagées en rapport avec les
systèmes politiques (utilitarisme, personnalisme, anarchisme, libéralisme,
socialisme, démocratie), philosophiques ou
anthropologiques (freudisme, marxisme,
christianisme, naturalisme, marxisme).
Voici deux exemples de dilemmes traités:
un policier devrait-il utiliser la force pour faire parler un revendeur de
drogue? Le propriétaire d'un dépanneur devrait-il, pour augmenter son chiffre
d'affaires compromis, accepter de vendre des revues pornographiques alors que
les statistiques prouvent qu'elles contribuent à augmenter la violence sexuelle
à l'égard des femmes? A la lumière des dilemmes moraux évoqués, les auteurs
mettent les différents comportements décrits en correspondance avec des théories
morales influentes aujourd'hui - ici le personnalisme et l'utilitarisme. Ainsi
l'utilitariste choisira le bien-être matériel et acceptera de vendre des
revues pornographiques par opposition au personnaliste qui prendra en considération
la dignité des femmes. L'utilitariste envisagera le bonheur du plus grand
nombre tandis que le personnaliste respectera les droits de l'accusé, vendeur
de drogues. Et pour échapper au relativisme et évaluer ces théories d'un
point de vue éthique, ces auteurs élaborent aussi des critères d'humanisme ou
de démocratie comme la rationalité, l'universalité, le respect des droits de
l'Homme, de la qualité de la vie, de la solidarité...
LE RECOURS À LA RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE
(5)
Le travail sur le "moment de réflexivité"
par la clarification des valeurs et des jugements moraux nous a aiguillés vers
les outils d'une "clarification philosophique" portant sur le sens à
un moment où la réforme du Programme de morale (en cours depuis 1995)
introduit des notions de philosophie dans les deux dernières années du
secondaire. Dans ce contexte, nous travaillons actuellement à intégrer les Pratiques
de la Philosophie du GFEN, la Philosophie
pour enfants de Matthew Lippman et La
didactique de l'apprentissage du philosopher mise en oeuvre par Michel Tozzi
qui situe bien notre défi actuel: "Il y a un compromis à chercher entre
la finalité éthique d'un engagement enraciné dans la construction
socio-affective et cognitive d'une personnalité et la rigueur autonomisante
d'un "penser par soi-même", dès lors qu'il met en œuvre des
processus de conceptualisation de notions, de problématisation de questions,
d'argumentation rationnelle du "meilleur argument" adressé à
l'auditoire universel. La réflexion et
l'expérimentation didactique devraient
donc porter sur le passage du vécu au concept pour retourner à l'action."
(6)
La recherche pédagogique se poursuit
donc vers de nouveaux horizons et des perspectives de découvertes
enrichissantes!
ENTRE-VUES,
REVUE TRIMESTRIELLE POUR UNE PÉDAGOGIE DE LA MORALE (7)
Les exercices des différentes méthodologies
dont nous venons de donner quelques exemples, intégrés dans une même leçon
thématique, orchestrée par les professeurs selon leur inventivité personnelle
dans le cadre du modèle à trois temps de l'Arbre en éventail, ont donné lieu à une production considérable
de nouveaux outils pédagogiques que nous avons regroupés sous l'intitulé
"Pédagogie humaniste", et qui ont profondément bouleversé la
physionomie du cours de morale au secondaire. Entre-vues, revue pour une pédagogie de la morale, créée en 1989,
porte trace de cet itinéraire de recherche et de cette créativité. Le lecteur
intéressé pourra y prendre plus amplement connaissance des différents
courants d'éducation morale évoqués, accompagnés d'une analyse critique de
leurs fondements philosophiques et psycho-pédagogiques ainsi que de nombreux
dispositifs didactiques, démarches pédagogiques, outils pratiques actuellement
utilisés par les professeurs de morale.
NOTES
* Inspectrice de morale (Bruxelles)
(1) Pour le développement moral cognitif
chez Kohlberg et l'exploitation des
dilemmes moraux, se référer à: Entre-vues
n° 5 (1990), Entre-vues n° 7 (1990)
qui comprend le "jeu pédagogique des dilemmes moraux" réalisé par
J.-M. Debunne, Entre-vues n° 18
(1993) qui comprend le dispositif habermassien de discussion, Entre-vues
n° 23 (1994) qui comprend des dilemmes inspirés du "jeu Debunne", la
cassette des neuf dilemmes moraux, éd. Entre-vues, le numéro spécial Entre-vues
"Dilemmes moraux".
(2) Pour le "Programme de
sensibilisation à l'exercice de la démocratie à l'école", se référer
à Entre-vues n° 28 (1995).
(3) André Morazain et Salvatore Pucella,
Éthique et Politique, des valeurs
personnelles à l'engagement social, Ed. du Renouveau Pédagogique, 1988. Présentation
dans Entre-vues n° 5 (1990).
(4) Bruno Leclerc et Salvatore Pucella, Les
conceptions de l'être humain, théories et problématiques, Ed. du
Renouveau Pédagogique, 1993. Présentation dans Entre-vues
n° 24 (1994).
(5) Pour les pratiques de la philosophie
dans le cours de morale, se référer aux n° 24 à 37-38, Entre-vues.
(6) Michel Tozzi, "Une didactique de
l'apprentissage du philosopher, enjeux et perspectives" (Intervention à la
Commission Philosophie), dans Entre-vues
n° 36 (1997).
(7) On peut se procurer Entre-vues
chez Cathy Legros, 7 A avenue de la Petite Espinette, 1080 Bruxelles, Belgique.
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Kohlberg
(1972) identifie trois paliers dans le développement du jugement moral, soit
celui d’une morale pré-conventionnelle, d’une morale conventionnelle et,
finalement, celui d’une morale post-conventionnelle. Retour <regle.html>
6. Au niveau conventionnel, les individus agissent conformément aux attentes de
la société indépendamment des conséquences qui en découlent. Retour <regle.html>
7. Au niveau post-conventionnel, l'individu reconnaît le relativisme des
valeurs et construit son propre référentiel (de valeurs) en fonction de
principes valides indépendamment des impératifs des niveaux précédents. À
ce niveau, les individus s’engagent à promouvoir les valeurs qui ont pour but
de faire le bien au plus grand nombre de personnes. "La démocratie peut
ainsi être perçue comme le meilleur système politique, le meilleur contrat
social". (Alexandre Dumont Les stades de développement du jugement
moral de Lawrence
Kohlberg<http ://www3.sympatico.ca/alexandre.dumont/kohlberg.htm
8. Au palier pré-conventionnel, « l’individu
détermine l’orientation de son action en fonction de la punition ou de la récompense
qu’elle peut provoquer.
Kohlberg L., 1972.
“Development as the Aim of Education”. In Harvard Educational Review, Vol.
42, N° 4, p. 448-495.
Selon Lawrence KOHLBERG, l’individu
s’achemine vers l’autonomie
personnelle et morale à travers des stades de développement successifs.
L’individu, passant d’une structure à l’autre, devient mieux outillé
pour résoudre les problèmes de la réalité quotidienne.
Les stades sont aux nombres de 8 :
- Inorganisé :
Non différenciation du réel.
- Punition/Récompense :
L’individu est soumis à l’autorité. La loi du plus fort, loi de la jungle.
Obéissance et punition : l’enfant s’incline devant la position hiérarchique
et le pouvoir des parents.
- Donnant/Donnant :
Egocentrisme. Loi du Talion. Effort pour un résultat : l’enfant
s’incline devant une loi ou rend un service seulement s’il a l’impression
qu’il en retirera un bénéfice en retour. Les relations sont considérées
comme les relations strictement commerciales.
- Bonne
concordance interpersonnelle : Stade du bon petit garçon et de la
gentille petite fille ; début de l’empathie. L’enfant recherche
l’approbation d’autrui et se conforme pour plaire. La bonne action est ici
celle qui plaît, celle qui aide les autres ou celle que les autres approuvent.
Il y a, à ce stade, une forte conformité aux images stéréotypées de
comportement de la majorité ou du comportement identifié comme naturel. De
plus, l’action est fréquemment jugée selon les intentions qui la
sous-tendent. Pour la première fois, le « il a voulu bien faire »
devient important. On cherche ici à gagner l’approbation des autres en étant
gentil.
- Loi
et ordre : Pensée abstraite et concept sociétal ; prédominance
du sens du devoir ; normatif. Adhésion à des règles pour maintenir
l’ordre social de sa communauté. On retrouve ici une disposition à soutenir
l’autorité, les règles définies et l’ordre social. L’action bonne est
celle qui consiste à accomplir son devoir, à être déférent envers
l’autorité, et à maintenir l’ordre établi.
- Contrat
social : Démocratique-contractuel. Stade de la négociation
individuelle et sociale ; hiérarchisation des valeurs. La justice découle
d’un contrat entre dirigeants et dirigés qui assure à tous des droits égaux.
A ce stade, l’action droite est définie surtout en termes de droits
individuels ou selon des critères examinés de façon critique et admis par
l’ensemble d’une société. On reconnaît à ce stade le relatif des
opinions personnelles ; l’accent est souvent mis sur les règles de procédures
capables de favoriser un consensus véritable. Sauf pour ce qui est
constitutionnellement et démocratiquement admis, le « bien » relève
des valeurs personnelles. Les ententes libres et les contrats honnêtes
constituent la substance de l’obligation morale.
- Justice
et principes éthiques : Stade de l’empathie parfaite fondée sur
l’interpersonnalité et les principes de la dignité humaine. L’individu se
comporte selon des principes éthiques qui sont à la fois logiques, universels
et cohérents, i.e. qui lui paraissent devoir s’appliquer quelle que soit sa
situation personnelle dans la société. Le bien est ici défini selon la décision
de la conscience individuelle éclairée, appliquant à une situation concrète
des principes éthiques. Ces principes seront choisis en fonction de leur
pertinence, cohérence, globalité et universalité.
- Mystique :
Pensée cosmique et méta-éthique.
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Kohlberg
Stades De Kohlberg
Les
stades de développement du jugement moral
L'approche
théorique : À la suite de Piaget, Lawrence Kohlberg découvre et vérifie
empiriquement une suite séquentielle de huit stades de jugement moral-cognitif
qualitativement différents les uns des autres. Les stades sont des structures
de personnalité et font appel à des séquences structurelles de jugement et de
compréhension des rapports humains. Ils font référence aux jugements de
valeur que l'on peut faire non pas dans leur "contenu" mais selon
leurs "structures". Analogiquement, on pourrait dire que les valeurs
constituent le "contenu" alors que les stades constituent le
"contenant".
Les
niveaux et les stades : L'approche se situe dans une perspective développementale.
Kohlberg distingue d'abord trois niveaux ou paliers dans le développement du
jugement moral; à chaque niveau ou palier , les recherches expérimentales ont
montré qu'il existe au moins deux types de structures différentes de jugement
moral. L'individu évoluant à travers les stades est amené vers l'autonomie
personnelle et morale(stade 6). L'individu, passant d'une structure à l'autre,
devient mieux outillé pour résoudre les problèmes de la réalité quotidienne
en s'acheminant vers l'autonomie. Donc les niveaux sont au nombre de trois et
les stades au nombre de huit.
Stade
0
Inorganisé.
Non différenciation du réel.
NIVEAU
1 : MORALE PRÉ-CONVENTIONNELLE
À ce niveau, l'enfant répond aux règles
culturelles du bon et du mauvais, mais il applique ces étiquettes en fonction
des conséquences physiques ou hédonistes de l'action(punition, récompense, échange
de bons soins), ou encore selon le pouvoir de coercition physique de ceux qui énoncent
ou font respecter ces règles.
Stade
1
Punition/Récompense.
L'individu est soumis à l'autorité. La
loi du plus fort, loi de la jungle. Obéissance et punition : l'enfant s'incline
devant la position hiérarchique et le pouvoir des parents. Les conséquences
physiques d'une action déterminent ici sa bonté ou sa malice, sans égard à
la signification ou à la valeur humaine de ses conséquences.
Stade
2
Donnant/Donnant.
Égocentrisme. Moi, moi et moi("Me,
myself and I"). Loi du Talion("oeil pour oeil, dent pour dent").
Effort pour un résultat : l'enfant s'incline devant une loi ou rend un service
seulement s'il a l'impression qu'il en retirera un bénéfice en retour.
L'action droite est ici celle qui, par sa médiance, peut satisfaire les besoins
personnels, et, occasionnellement, les besoins des autres. Les relations sont
considérées comme les relations strictement commerciales d'une place de marché:
c'est du donnant donnant.
NIVEAU
2 : MORALE CONVENTIONNELLE
À ce niveau, l'action qui satisfait aux
attentes de la famille, du groupe ou de la nation, est perçue comme valable en
soi, indépendamment de ses autres conséquences. L'attitude morale comporte ici
non seulement une conformité aux attentes de l'entourage et de l'ordre social,
mais aussi une loyauté envers ces dernières, doublée d'une volonté active de
maintenir, supporter et justifier l'ordre social; et d'identifier ses vues avec
celles des personnes physiques ou morales qui le composent.
Stade
3
Bonne
concordance interpersonnelle.
Stade du bon petit garçon et de la
gentille petite fille; début de l'empathie. L'enfant recherche l'approbation
d'autrui et se conforme pour plaire. La bonne action est ici celle qui plaît,
celle qui aide les autres ou celle que les autres approuvent. Il y a, à ce
stade, une forte conformité aux images stéréotypées de comportement de la
majorité ou du comportement identifié comme naturel. De plus, l'action est fréquemment
jugée selon les intentions qui la sous-tendent. Pour la première fois, le
"il a voulu bien faire" devient important. On cherche ici à gagner
l'approbation des autres en étant gentil.
Stade
4
Loi
et ordre.
Pensée abstraite et concept sociétal;
prédominance du sens du devoir; normatif. "Law and order". Adhésion à des règles pour maintenir
l'ordre social de sa communauté. On retrouve ici une disposition à soutenir
l'autorité, les règles définies et l'ordre social. L'action bonne est celle
qui consiste à accomplir son devoir, à être déférent envers l'autorité, et
à maintenir l'ordre établi.
Stade
4 1/2
Relativisme
éthique et culturel.
Crise des valeurs; tout est relatif à
soi, aux goûts et aux désirs personnels.
NIVEAU
3 : MORALE POST-CONVENTIONNELLE
Stade
5
Contrat
social.
Démocratique-contractuel. Stade de la négociation
individuelle et sociale; hiérarchisation des valeurs. La justice découle d'un
contrat entre dirigeants et dirigés qui assure à tous des droits égaux. À ce
stade, l'action droite est définie surtout en termes de droits individuels ou
selon des critères examinés de façon critique et admis par l'ensemble d'une
société. On reconnaît à ce stade le relatif des opinions personnelles;
l'accent est souvent mis sur les règles de procédures capables de favoriser un
consensus véritable. Sauf pour ce qui est constitutionnellement et démocratiquement
admis, le "bien" relève des valeurs personnelles. Les ententes libres
et les contrats honnêtes constituent la substance de l'obligation morale.
Stade
6
Justice
et principes éthiques.
Stade de l'empathie parfaite fondée sur
l'interpersonnalité et les principes de la dignité humaine. L'individu se
comporte selon des principes éthiques qui sont à la fois logiques, universels
et cohérents, i.e. qui lui paraissent devoir s'appliquer quelle que soit sa
situation personnelle dans la société. Le bien est ici défini selon la décision
de la conscience individuelle éclairée, appliquant à une situation concrète
des principes éthiques. Ces principes seront choisis en fonction de leur
pertinence, cohérence, globalité et universalité.
Stade
7
Mystique.
Pensée cosmique et méta-éthique.
Pourquoi être moral?
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