« Les problèmes physiopathologiques de l’activité hallucinatoire » parue dans l’Évolution psychiatrique, 1938, fascicule II, pp. 3-77.

 

Conférence de H. Ey […]

 

(74)Discussion :

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(75)M. Lacan – Le rapprochement entre l’illusion et l’hallucination me paraît d’une grande importance. Le vice essentiel des théories mécanicistes porte sur la conception même de la perception, ou de la sensation conçue comme pure. En réalité la « matière sensible » est une création même de l’esprit. Je rappelle à ce propos les expériences relatives à la théorie de la « forme ». Ces expériences, en étudiant comment est déterminée la vision de certaines formes, permettent de saisir sur le vif l’activité créatrice d’un certain « pouvoir identificateur ». Il faut donc rompre l’habitude de « penser sensation ». La sensation est constamment pervertie et il faut un long apprentissage pour qu’elle parvienne à être correcte. Ce « pouvoir identificateur » (76)a une valeur physiologique. Il est possible de le trouver chez l’animal même et suppose aussi pour s’exercer l’intégrité des tractus nerveux. À propos de l’hallucination je rappelle l’importance que prend, dans l’attitude même de l’homme, tout ce qui a rapport à l’image de son corps propre, à sa propre synthèse. Il y a là la notion d’une image centrale, à prédominance visuelle, surtout proprioceptive. Les rapports chez le délirant avec cette image génétique de soi se trouvent électivement troublés.

 

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