Intervention sur l’exposé de P. Benoit : « Thérapeutique, Psychanalyse, Objet » Congrès de Strasbourg, le 11 octobre 1968 après-midi, publié dans Lettres de L’école Freudienne 1969 n° 6 page 39.

Discussion :.– […]

 

P. Benoit reprend la parole pour souligner que le « petit caillou » dont a parlé sa patiente était en réalité un coquillage. Il pense que ce petit caillou était ce qu’elle aurait voulu qu’il lui donne, mais justement, c’est là la différence, il ne le lui a pas donné. En lui racontant cette histoire elle a voulu lui signifier qu’elle avait en quelque sorte compris la différence entre la psychothérapie et l’analyse entre lesquelles elle hésite encore toujours.

 

J. Lacan jette la remarque qu’il y avait beaucoup d’autres choses qu’on n’avait pas données à cette patiente.

 

F. Dolto, objecte à Melman qu’elle considère que la névrose obsessionnelle est très accessible à la psychothérapie.

 

X. Audouard s’étonne du sujet proposé, car pour lui il est arbitraire de vouloir distinguer psychothérapie et psychanalyse lorsqu’on est précisément psychanalyste. C’est le patient qui choisit l’une ou l’autre attitude et le rôle du psychanalyste est de repérer dans ce choix une structure de défense. La psychanalyse existe. Que certains sujets la refusent ou ne puissent s’y engager doit être analysé en fonction de leur structure.

 

J. P. Bauer répond à Audouard que pour apparemment arbitraire qu’elle soit, la distinction psychanalyse et psychothérapie existe d’abord parce que beaucoup d’analystes ont passé par une formation psychothérapique définie par un certain cadre. Il ne peut admettre non plus que ce soit le patient qui d’entrée de jeu, s’engage dans l’une ou l’autre voie : trop d’idéologies ternissent le miroir évoqué par Mme Dolto pour qu’un choix immédiat soit possible. Il se méfie de ce qui serait une croyance en un « être psychanalyste » qui nous fait supposer que nous sommes toujours capables de répondre en psychanalyste à telle demande ou à telle défense.