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. . La psychanalyse a été créée il y a environ un siècle. Oeuvrant d'abord en solitaire, Freud a été peu à peu entouré de collaborateurs qui ont chacun apporté leur contribution. S'il est nécessaire de rendre un hommage particulier à ces pionniers, il est plus difficile de déterminer une liste de ceux qui méritent ce titre.

Sigmund Freud 

p.gif (198 octets)eu d'hommes ont autant marqué leur époque que Sigmund Freud. Adulé par les uns, honni par les autres, Freud a cette particularité de s'être fait reprocher toute sorte de choses contradictoires. Ses œuvres ont eu des influences en médecine, en psychologie, dans les sciences humaines et sociales et dans une foule d'autres domaines. Ces emprunts se sont souvent effectués sans grande rigueur et sur la foi de connaissances sommaires parfois tout à fait caricaturales. 

Sigmund Freud avec Anna, tante Mitzi et Angela    Sigmund Freud (1856-1939) a complété des études en médecine puis s'est tour à tour intéressé à la recherche puis à la neurologie. Il s'est orienté vers la pratique privée au cours des années quatre-vingt, poussé par la nécessité d'augmenter ses revenus dans le but de fonder une famille. C'est par le biais de cette pratique qu'il en viendra au fil des ans à développer une technique qui, délaissant l'hypnose, fera place au flot associatif de ses patients. 

    C'est au cours des années quatre-vingt-dix que Freud mettra au point la théorie psychanalytique des névroses, grandement marquée par la rigoureuse auto-analyse qu'il mènera suite au décès de son père. La publication en 1900 de L'interprétation des rêves est généralement considérée comme la naissance officielle de la psychanalyse. Par la suite, Freud continuera jusqu'à sa mort en 1939 à faire progresser ses travaux qu'il modifiera sans cesse. 

    Dès le début du siècle, Freud a vu se former autour de lui un cercle de collaborateurs venus profiter de ses enseignements et les poursuivre. Parmi ceux-ci, plusieurs sont devenus des amis personnels (Abraham, Ferenczi, Jones...), d'autres ont marqué leur dissidence en rompant avec fracas. L'International Psycho-Analytic Association a été fondée pour veiller sur son œuvre et en assurer la continuation mais plusieurs ont choisi de le faire hors des institutions officielles. 

    Freud est mort à Londres en 1939 après avoir dû quitter Vienne en raison de l'arrivée des nazis. Durant les dernières années de sa vie il a reçu de nombreux honneurs officiels et a été considéré comme une grande personnalité, faisant contraste avec les débuts difficiles qu'il a connus. 

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Karl Abraham

    Karl Abraham (1877-1925), même s'il est mort jeune, a marqué considérablement l'histoire de la psychanalyse en étant à la source de courants pourtant opposés les uns aux autres, que ce soit le kleinisme et les théories de la relation d'objet ou encore, la Psychologie du Moi. L'intérêt porté par Abraham aux modes relationnels correspondant aux divers stades du développement psychosexuel élaborés par Freud, a ouvert la porte à la psychanalyse moderne tant américaine que britannique qui vont axer leurs travaux sur cet aspect de la clinique et de la théorie. 

Karl Abraham    Natif de Brême en Allemagne, Karl Abraham a poursuivi de brillantes études en médecine qui lui ont valu un poste au Burghölzli Mental Hospital, en Suisse, auprès du célèbre Eugen Bleuler. C'est à cet endroit qu'il s'initie à la psychanalyse auprès de Carl Gustav Jung. Il entrera en contact avec Freud en 1907 et deviendra un de ses plus fiables collaborateurs et un ami intime. 

    Abraham, que plusieurs ont décrit comme le plus équilibré des premiers analystes, fut le premier à mettre Freud en garde contre Jung en qui il voyait déjà un déviationniste et un personnage dont il fallait se méfier. Il retourna en Allemagne où il fonda la Société Berlinoise de Psychanalyse en 1910. 

    Sous la gouverne de Karl Abraham, Berlin était en voie de devenir un centre majeur de formation, de recherche et de pratique de la psychanalyse grâce à la fondation d'une polyclinique. Plusieurs des analystes de la deuxième génération y ont acquis une partie de leur formation. La mort d'Abraham en 1925 des suites d'un cancer et la montée du nazisme a réduit presqu'à néant toute ces réalisations. 

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August Aichhorn

    August Aichhorn (18---1949) a été l'un des grands pionniers du traitement psychanalytique des grands enfants et des adolescents. Intéressé à la délinquance juvénile, Aichhorn est à l'origine de ce qui est devenu la psycho-éducation et le traitement en centre d'accueil de réhabilitation. Collaborateur de Anna Freud, Aichhorn misera considérablement sur les aspects éducatifs et pédagogiques du traitement en milieu institutionnel. 

    August Aichhorn a joué un rôle considérable dans la survie de la psychanalyse en Autriche durant et après la deuxième guerre mondiale. Resté sur place alors que presque tous les analystes autrichiens avaient quitté, Aichhorn, avec Alfred Freiherr von Winterstein, a organisé les rencontres clandestines d'un petit groupe de professionnels intéressés par l'analyse malgré la surveillance de la Gestapo. Certains l'ont payé de leur vie. Après la guerre, il prit en main la Société psychanalytique viennoise qu'il présida jusqu'à sa mort en 1949. 

 

 

Max Eitingon

    Né en Russie et ayant fait ses études de médecine à Zurich, Max Eitingon (1881-1943) est, parmi les premiers analystes, un de ceux qui sont demeurés le plus dans l'ombre. La postérité n'a à peu près rien conservé de ses travaux. Perçu comme un élément stable et fiable du mouvement analytique, Eitingon a été invité à se joindre au comité secret formé suite aux bouleversements dus aux défection de quelques dissidents, principalement celle de Jung qui en était venu à occuper le poste de président de l'association internationale. 

Max Eitingon     Eitingon avait poursuivi des études en médecine qui l'ont conduit au Burghölzli, en Suisse, où, comme Abraham, il entra en contact avec la psychanalyse par l'intermédiaire de Jung. Dès 1907, il contacta Freud avec qui il fit une analyse et se joignit aux rencontres de la société viennoise. Après son séjour en Suisse, il retrouva Abraham à Berlin et devint son complice dans le développement de la psychanalyse en Allemagne. Assez fortuné, Eitingon agit souvent comme bailleur de fonds du mouvement analytique et s'illustra dans des tâches organisationnelles. Lors du décès de Karl Abraham, c'est lui qui prit la relève à la tête de l'Association Psychanalytique Internationale. Ruiné par la crise des années trente, menacé par la montée du nazisme, Eitingon émigra en Palestine où il contribua à mettre sur pieds une société psychanalytique à Jérusalem. 

    Si nous savons que Eitingon était un ardent sioniste, des rumeurs récentes font état d'une quelconque association avec le KGB. En fait, Eitingon a été soupçonné d'être un agent du KGB en 1938, suite à l'arrestation d'une excellente amie de son épouse, elle aussi d'origine russe. De plus, Eitingon aurait été confondu avec un cousin new-yorkais. 

 

 

Sandor Ferenczi

    Le hongrois Sandor Ferenczi (1873-1933) a eu une carrière psychanalytique complexe, à l'image de cet homme brillant et sensible qui ne dédaignait pas s'aventurer sur des chemins inexplorés. Diplômé de médecine à Vienne, il devint neurologue avant d'obtenir le titre de psychiatre à la cour royale. Établi à Budapest, il rencontra Freud par l'entremise d'un collègue en 1908. 

S. Ferenczi    Au sein du groupe des pionniers, Ferenczi était celui à qui les cas les plus difficiles étaient adressés. Sa grande sensibilité, son intuition clinique et son esprit d'aventure le prédisposaient à assumer ce difficile rôle. Son travail auprès de cette clientèle de grands états-limites et de pré-psychotiques, en plus de ses caractéristiques personnelles, a favorisé chez Ferenczi l'élaboration d'une œuvre originale axée sur la technique et tous les problèmes cliniques soulevés par les cas aux limites de l'analysable. Son esprit novateur et son intérêt pour les théorisations osées l'ont amené à développer, en collaboration avec Rank puis avec la complicité de Groddeck, une technique dite active qui pouvait se limiter parfois à se montrer plus chaleureux avec un patient, mais qui pouvait aussi aller jusqu'à des manifestations physiques d'affection ou même une sorte d'analyse réciproque où patient et analyste interchangent leurs rôles. 

    L'oeuvre de Ferenczi, qui consiste surtout en de multiples courts textes, connaît depuis quelques années une certaine vogue auprès des analystes francophones qui y découvrent des pistes pour élaborer des solutions aux problèmes que nous rencontrons avec une clientèle qui, selon plusieurs, s'alourdit. Son texte sur La confusion des langues entre adultes et enfants (le langage de la passion versus celui de la tendresse) est probablement celui qui est le plus souvent cité. 

    Il est remarquable que, si nous simplifions, pour Ferenczi, l'enfant est plus ou moins pure et innocent, point de vue souvent opposé à la vision d'autres analystes (que l'on pense à Melanie Klein) qui attribuent à l'enfant autant de bons que de mauvais sentiments. 

    Ferenczi qui était probablement le plus intime des collaborateurs de Freud, surtout après le décès de Karl Abraham, est tombé en disgrâce tant en raison de son aventure du côté des techniques actives que de son attitude jugée infantile de continuellement demander à Freud de le rassurer sur son affection, attitude exacerbée par les tensions causées par les divergences théoriques. 

 

Anna Freud

    Née en plein cœur de la période où son père élaborait la psychanalyse, Anna Freud (1895-1982) a en grande partie consacré sa vie d'abord à son père puis à la continuation de son œuvre. Après une formation d'enseignante au cours primaire, Anna Freud s'est tournée vers la pratique de la psychanalyse. Analysée d'abord par son père, elle est devenue analyste en 1922 et s'est consacrée au traitement des enfants selon une méthode éducative et moralisatrice telle qu'élaborée par Hermine von Hugh Hellmuth. 

Anna Freud     Le premier texte publié par Anna Freud a été une critique radicale des idées de Melanie Klein qui, à cette époque élaborait sa technique de l'analyse des enfants selon le modèle de l'analyse des adultes, en utilisant le jeux des enfants en lieu et place des associations des adultes. Ce texte fut le premier d'une longue série d'affrontements entre ces deux femmes. Il est à noter que Anna Freud a considérablement assoupli ses positions par la suite en ce qui concerne la technique de l'analyse des enfants. 

    Anna Freud a laissé une œuvre considérable dont les moments forts ont probablement été Le Moi et les mécanismes de défense et Le normal et le pathologique chez l'enfant. Elle a été l'inspiratrice du groupe de la Hampsted Clinic de Londres qui a produit de nombreux travaux sur le développement de l'enfant. Sur le plan organisationnel, Anna Freud a joué un rôle majeur dans le développement da l'International Psycho-Analytic Association et même au sein du fameux comité secret mis sur pieds suite à la défection de Jung et de quelques autres.

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Ernest Jones

    Du groupe des pionniers, Ernest Jones est probablement celui qui était le moins proche de Freud, tant géographiquement que sur le plan personnel. Paradoxalement, force nous est d'admettre qu'il fut l'un des plus fidèles et des plus sûr de ses disciples. Ce fut lui qui l'accueillit lorsque, sur ses vieux jours, Freud dut quitter l'Autriche en raison de la montée du nazisme. Ce fut aussi lui qui après la mort de ses collègues des premiers jours veilla sur le mouvement analytique avec dévouement et efficacité. 

Ernest Jones     Né en Angleterre au Pays de Galles, Ernest Jones (1879-1958) a complété des études en médecine orientées vers la neurologie avant de prendre connaissance des travaux de Freud vers 1903. Il se passionne rapidement pour cette jeune discipline et cherche des moyens de l'appliquer à sa pratique. En 1908, il se rend au premier congrès de psychanalyse à Salzbourg, rencontre Freud et présente son premier article. À la fin de 1908, Jones s'embarque pour le Canada, s'installe à Toronto, où, pendant quatre années, il travaillera à la diffusion des idées freudiennes tant au Canada qu'aux États-Unis et tentera de mettre sur pieds une organisation. 

    Jones a quitté l'Amérique suite à une nébuleuse affaire de mœurs impliquant une de ses patientes. Il se rend à Vienne où il entreprend une brève analyse avec Freud qui le dirige par la suite sur le divan de Ferenczi. Jones s'installe par la suite à Londres où il consacrera le reste de sa vie à veiller sur l'oeuvre de Freud. En plus de s'occuper de la Société Britannique de Psychanalyse, il présidera l'International Psychoanalytic Association et s'impliquera dans l'International Journal of Psycho-Analysis. En plus de ses travaux personnels, on lui doit une des meilleures biographies de Freud. Malgré un infarctus en 1944, Jones a poursuivi son travail de biographe tout en organisant la traduction des oeuvres de Freud en anglais.

 

 

Otto Rank

    Otto Rank (1884-1939) est né Otto Rosenfeld mais a décidé de changer son nom à l'âge de dix-neuf ans en raison d'une relation très difficile avec son père. Jeune homme brillant et extrêmement déterminé, Rank avait acquis une vaste culture par ses lectures personnelles malgré des conditions matérielles plus que précaires. Rank avait séduit Freud par sa détermination et ses qualités personnelles et celui-ci le considéra longtemps comme un fils. 

    Rank avait un statut assez particulier au sein du groupe des pionniers. Très proche de Freud dont il devint le secrétaire, Rank était souvent considéré par ses pairs avec une certaine condescendance, comme en fait foi son surnom du petit Rank. Rank fut nommé membre du comité secret chargé de veiller sur la bonne marche du mouvement analytique et d'endiguer les dissidences. Il est paradoxal de constater que quelques années plus tard il quittera le mouvement analytique en raison de sa propre dissidence, suite à la publication de son livre sur le traumatisme de la naissance

   Après s'être divorcé de son épouse Beata Tola Mincer au début des années trente, Rank mena une vie  personnelle assez complexe qui se conclut deux mois avant sa mort par son mariage avec Estel Bühl. Il voyagea beaucoup, s'établissant durant un certain temps à Paris, où il fut l'analyste (et l'amant) de Anaïs Nin, avant de s'installer aux États-Unis.

Voir Rank chez les dissidents 

 

Victor Tausk

    C'est un destin tragique que celui de Victor Tausk (1879-1919). De ceux qui provoquent des réactions extrêmes, du silence lourd aux analyses sulfureuses. Le suicide de Tausk, en 1919, a été suivi d'un relatif oubli jusqu'à ce que Paul Roazen y flaire une matière à scandale et en fasse l'affaire Tausk, et que K. R. Eissler publie une sorte de démenti officiel visant à blanchir Freud et la psychanalyse de toute faute. 

    Né en Slovaquie en 1879, aîné d'une famille de neuf enfants, étroitement impliqué dans les nombreuses disputes familiales, Victor Tausk n'a jamais eu la vie simple. Émigré à Sarajevo, il y fait de brillantes études dans la langue allemande. Juif athée, il se fait baptiser pour épouser en 1900 Martha Frisch, une parente éloignée de Martin Buber, elle même non croyante et fortement marxiste. Il fait des études en droit, la médecine étant hors de ses moyens financiers, et a deux enfants. Le couple se sépare dès 1905 suite à de nombreuses disputes. 

    Après avoir tenté l'aventure artistique durant quelques années et suite à une longue convalescence en raison d'une atteinte pulmonaire, Tausk s'intéresse à la psychanalyse et entre en contact avec Freud en 1908, au moment où Freud sort de son isolement. Bien accueilli par le groupe, Tausk est aidé financièrement pour lui permettre de faire ses études de médecine. Il deviendra pour un temps assez long l'amant de Lou Andreas Salomé. La première guerre mondiale interromp sa carrière et Tausk devient médecin au front. 

    Au retour de la guerre, dans des conditions économiques extrêmes, Tausk demande à Freud de le prendre en analyse mais ce dernier l'oriente plutôt vers Helen Deutsch. L'analyse est interrompue trois mois plus tard par l'analyste. Tausk envisage alors le mariage avec une jeune artiste mais le trois juillet 1919 il se donne la mort violemment en laissant peu d'explications. En plus de laisser de la matière à polémique, Tausk, qui était à la fois brillant et assez malcommode, nous a donné un texte intitulé De la genèse de "l'appareil à influencer" au cours de la schizophrénie qui constitue un grand classique sur ce sujet. 

 

 

Oskar Pfister

Oskar Pfister     Le pasteur Oskar Pfister (1873-1956) a joué un rôle important dans le développement de la psychanalyse en Suisse, surtout après que Jung se soit éloigné du courant freudien et ait fondé sa propre école. Alors qu'une majorité d'analystes suisses a choisi de suivre Jung, Pfister s'est fait le défenseur de la pensée de Freud et a longuement assumé la direction de la société suisse de psychanalyse. 

    Fils de pasteur, Pfister fit des études de philosophie et de théologie avant d'exercer son ministère dans une paroisse de Zurich. Devenu un ami personnel de Freud, une longue correspondance s'est élaborée entre les deux hommes qu'à première vue beaucoup de choses auraient pu éloigner. Si Pfister a travaillé à l'utilisation des connaissances psychanalytiques en pédagogie, Freud a toujours considéré avec un certain amusement ses tentatives d'appliquer la psychanalyse aux cures d'âmes

 

 

Lou Andreas Salome

Lou Andreas-Salome    Lou Andreas Salome est un personnage très particulier de l'histoire de la psychanalyse. Si son nom est encore mentionné aujourd'hui c'est moins en raison de ses contributions au corpus analytique que parce qu'elle avait développé une relation amicale avec Freud et Anna Freud et en raison de son passé. Mme Salome est au début de la cinquantaine lorsqu'elle décide en 1911 d'entreprendre une formation analytique. 

    Personnage connu pour avoir côtoyé le philosophe Nietzsche et l'écrivain Rainer Maria Rilke, Lou Andreas Salome a développé une passion pour l'analyse et parfois pour les analystes. Elle sera au cœur de l'histoire de Tausk dont elle fut un temps la maîtresse et qui finit par un suicide. 

    Sa correspondance avec Freud a été publiée, de même que des souvenirs personnels. Ses travaux, entre autre sur le narcissisme ont surtout un intérêt historique. 

 

Paul Federn

Paul Federn     De tous ses viennois, c'est probablement Paul Federn (1870-1950) qui apparaissait à Freud comme le plus doué et le plus fiable. Il entre en contact avec Freud dès 1903 et se joint dès lors aux premières rencontres psychanalytiques à avoir été tenues sans jamais avoir été lui-même en analyse. Rapidement, sa pratique médicale institutionnelle l'amène à travailler avec des patients psychotiques et dès 1906 il entreprend la psychothérapie analytique d'une patiente catatonique. 

    Au fil des ans, Paul Federn s'est acquis l'estime de Freud si bien que c'est à lui que Freud a demandé de prendre sa place lorsqu'il s'est retiré de la vie publique vers 1924. En plus de devenir président de la Société Viennoise de Psychanalyse, poste qu'il occupa jusqu'en 1938, Federn a aussi assumé le suivi de la clientèle de Freud. 

    En 1938, Federn, comme plusieurs autres a dû fuir l'Autriche. Il s'est installé à New-York où il a continué sa pratique tout en jouant un rôle important dans la formation des analystes américains. Il fut l'analyste de Aichhorn, Bibring, Fenichel, Meng, Reich et du poète Rainer Maria Rilke. Ses travaux concernent surtout les psychoses et la psychologie du Moi. Federn s'est suicidé le 4 mai 1950 d'un coup de feu alors qu'il se savait atteint d'un cancer incurable. 

 

Gezà Roheim

    Gezà Roheim (1891-1953) a connu une carrière psychanalytique originale, étant l'un des tout premiers à appliquer la théorie freudienne à l'étude ethnologique. Originaire de Hongrie, il Gezà Roheimconnut le sort de plusieurs de ses collègues de l'école hongroise de psychanalyse, étant obligé pour sauver sa vie d'émigrer aux États-Unis en 1938. Roheim fit d'abord une analyse avec Ferenczi avant d'aller sur le divan de Vilma Kovàcs.

    Anthropologue, formé à l'analyse par Ferenczi, Roheim s'est vigoureusement impliqué dans une contestation des célèbres travaux de Malinowski qui, tout en introduisant la psychanalyse dans sa réflexion, niait l'existence du complexe d'Oedipe dans la société matrilinéaire trobriandaise. Roheim, financés par Marie Bonaparte, fit de longs séjours  de travail en Australie et en Nouvelle-Guinée qui lui ont permis de colliger une masse impressionnante de données qui ont alimenté son œuvre écrite. 

    En plus de ses travaux d'anthropologie, Roheim a pratiqué la psychanalyse durant de nombreuses années aux États-Unis tout en s'impliquant dans le domaine de l'édition de périodique. Il fut le maître de Georges Devereux.

   Géza Roheim fit plusieurs séjours à Paris et s'est toujours considéré comme un proche de la SPP.

Autres portraits des pionniers (2) (3)

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